Multiples d’une fonction exponentielle
Dans les problèmes concrets, on rencontre rarement \(a^{x}\) tout seul : on rencontre plutôt un multiple, comme le capital \(C_{n} = 1000 \cdot 1{,}1^{n}\).
Définition 1.4 — multiple d’une exponentielle
Un multiple d’une fonction exponentielle est une fonction d’expression
\[ f(x) = k \cdot a^{x}, \quad a \in \mathbb{R}^{> 0} \setminus \{1\}, \quad k \in \mathbb{R} \setminus \{0\}. \]
Remarque 1.2
Le coefficient \(k\) se lit immédiatement sur la courbe : \(f(0) = k \cdot a^{0} = k\), donc \(k\) est l’ordonnée à l’origine. De plus \(f(1) = k \cdot a\). C’est le paramètre \(C\) de l’écriture officielle \(f(t) = C \cdot a^{k t}\) que tu retrouveras dans les objectifs (compétences C3, A3).
Exemple 1.2 — lire un multiple
Soit \(f(x) = 3 \cdot 2^{x}\). Alors \(f(0) = 3 \cdot 2^{0} = 3\) et \(f(1) = 3 \cdot 2 = 6\). Comme \(k = 3 > 0\) et la base \(2 > 1\), la fonction est strictement croissante, et part de l’ordonnée à l’origine \(3\).
\(f(x) = 3 \cdot 2^{x}\) (croissante, o.à.o. \(3\)) et \(g(x) = 2 \cdot (\frac{1}{2})^{x}\) (décroissante, o.à.o. \(2\)).
Entraîne-toi à lire ces trois informations — l’ordonnée à l’origine \(k\), la valeur \(f(1)\) et le sens de variation — directement sur les courbes.
Activité 1.9 — lire des multiples sur un graphique
Trois multiples d’exponentielles sont représentés ci-dessous. Pour chacun, lis \(f(0)\) et \(f(1)\) sur la courbe, puis complète le tableau.
| Courbe | \(f(0) = k\) | \(f(1)\) | sens de variation |
|---|---|---|---|
| ■ \(f_{1}\) | \(3\) | \(6\) | croissante (base \(2 > 1\)) |
| ■ \(f_{2}\) | \(6\) | \(3\) | décroissante (base \(\frac{1}{2} < 1\)) |
| ■ \(f_{3}\) | \(1\) | \(3\) | croissante (base \(3 > 1\)) |
Retrouve enfin l’expression de chacune sous la forme \(k \cdot a^{x}\) (avec \(a = f(1) / f(0)\)) :
\(f_{1}(x) =\) \(3 \cdot 2^{x}\) \(f_{2}(x) =\) \(6 \cdot (\frac{1}{2})^{x}\) \(f_{3}(x) =\) \(3^{x}\)
Remarque 1.3
Que se passe-t-il si \(k < 0\) ? Le facteur négatif renverse la courbe par rapport à l’axe \(x\) : le graphe de \(f(x) = -2^{x}\) est le symétrique de celui de \(2^{x}\) (il passe alors par \((0, -1)\) et reste toujours négatif).
✎ Exercice 1.4
Parmi les fonctions suivantes, lesquelles sont des fonctions exponentielles ou des multiples de fonctions exponentielles ? Justifie chaque réponse.
- \(f(x) = 1^{x}\)
- \(f(x) = -(\frac{1}{3})^{x}\)
- \(f(x) = (5^{-1})^{x}\)
- \(f(x) = 2 \cdot x^{5 / 3}\)
- \(f(x) = 4 (-\frac{1}{3})^{x}\)
Relis la définition d’un multiple d’une exponentielle : \(k \cdot a^{x}\), avec quelles conditions sur \(k\) et sur \(a\) ?
Peux-tu réécrire chaque expression sous la forme \(k \cdot a^{x}\) ? La base obtenue est-elle strictement positive et différente de \(1\) ?
\((5^{-1})^{x} = (\frac{1}{5})^{x}\) et \(-(\frac{1}{3})^{x} = (-1) \cdot (\frac{1}{3})^{x}\). Pour \(4 (-\frac{1}{3})^{x}\), regarde le signe de la base.
- \(1^{x}\) : non, la base vaut \(1\) (fonction constante).
- \(-(\frac{1}{3})^{x} = (-1) \cdot (\frac{1}{3})^{x}\) : oui, multiple d’une exponentielle (\(k = -1\), \(a = \frac{1}{3}\)).
- \((5^{-1})^{x} = (\frac{1}{5})^{x}\) : oui, fonction exponentielle de base \(\frac{1}{5}\).
- \(2 \cdot x^{5/3}\) : non, l’exposant est fixe et la base varie (fonction puissance).
- \(4 (-\frac{1}{3})^{x}\) : non, la base \(-\frac{1}{3}\) est négative.
- Refuser \(-(\frac{1}{3})^{x}\) à cause du signe « \(-\) » : il porte sur le coefficient \(k\), pas sur la base.
- Accepter \(4 (-\frac{1}{3})^{x}\) : ici le signe « \(-\) » est dans la base.
✎ Exercice 1.5
Pour chaque tableau, précise s’il représente une croissance exponentielle. Nomme le critère que tu utilises (rapport constant pour des pas de \(x\) égaux).
| \(x\) | \(y\) |
|---|---|
| \(0\) | \(2\) |
| \(1\) | \(6\) |
| \(2\) | \(18\) |
| \(3\) | \(54\) |
| \(x\) | \(y\) |
|---|---|
| \(0\) | \(5\) |
| \(1\) | \(8\) |
| \(2\) | \(11\) |
| \(3\) | \(14\) |
| \(x\) | \(y\) |
|---|---|
| \(1\) | \(1\) |
| \(2\) | \(4\) |
| \(3\) | \(9\) |
| \(4\) | \(16\) |
Relis la définition de la croissance exponentielle et l’activité sur l’invariant : pour des pas égaux de \(x\), que doit-il se passer pour \(y\) ?
Pour chaque tableau, calcule les quotients de deux valeurs consécutives de \(y\). Sont-ils égaux ?
Premier tableau : \(\frac{6}{2}\), \(\frac{18}{6}\), \(\frac{54}{18}\). Deuxième tableau : calcule aussi les différences.
Critère : pour des pas de \(x\) égaux, la croissance est exponentielle si le quotient de deux valeurs consécutives de \(y\) est constant.
- Tableau 1 : \(\frac{6}{2} = \frac{18}{6} = \frac{54}{18} = 3\). Le quotient est constant : croissance exponentielle de base \(3\).
- Tableau 2 : \(\frac{8}{5} \neq \frac{11}{8}\). Ce n’est pas une croissance exponentielle ; les différences sont constantes (\(+3\)) : croissance affine.
- Tableau 3 : \(\frac{4}{1} = 4\), \(\frac{9}{4}\), \(\frac{16}{9}\) : quotients différents, ce n’est pas une croissance exponentielle (ce sont les carrés \(x^{2}\)).
- Regarder les différences au lieu des quotients : des différences constantes signalent une croissance affine.
- Conclure après un seul quotient : il faut vérifier tous les quotients.
✎ Exercice 1.6
Détermine l’expression analytique des fonctions exponentielles (ou multiples) représentées ci-dessous. Pour chacune, lis l’ordonnée à l’origine \(k = f(0)\) et un second point pour trouver la base.
Relis l’exemple « lire un multiple » : \(f(x) = k \cdot a^{x}\) avec \(k = f(0)\).
Que vaut \(f(1)\) par rapport à \(f(0)\) ? Par quel nombre faut-il multiplier pour passer de l’un à l’autre ?
Lis \(f(0) = k\), puis \(f(1)\) ; la base vaut \(a = f(1) / f(0)\).
Pour chaque graphique, \(k = f(0)\) et \(a = f(1) / f(0)\).
- \(f(0) = 1\), \(f(1) = 2{,}5\) : \(f(x) = 2{,}5^{x}\).
- \(f(0) = 1\), \(f(1) = 0{,}4\) : \(f(x) = 0{,}4^{x}\).
- \(f(0) = -2\), \(f(1) = -6\) : \(a = -6 / (-2) = 3\), donc \(f(x) = -2 \cdot 3^{x}\).
- \(f(0) = 1\), \(f(1) = 1{,}2\) : \(f(x) = 1{,}2^{x}\).
- \(f(0) = 3\), \(f(1) = 6\) : \(a = 2\), donc \(f(x) = 3 \cdot 2^{x}\).
- \(f(0) = 4\), \(f(1) = 2\) : \(a = \frac{1}{2}\), donc \(f(x) = 4 \cdot (\frac{1}{2})^{x}\).
- Prendre \(f(1)\) comme base quand \(k \neq 1\) : la base est le quotient \(f(1) / f(0)\).
- En c), chercher une base négative : le signe vient de \(k = -2\), la base reste positive.
✎ Exercice 1.7
Soit \(f(x) = 2^{x}\). Associe chaque expression à la transformation géométrique correspondante du graphe de \(f\), puis donne les coordonnées du point d’intersection de chaque graphe avec l’axe des ordonnées.
- \(g(x) = 2^{x} + 2\)
- \(h(x) = 2^{x - 2}\)
- \(k(x) = 2 \cdot 2^{x}\)
- \(l(x) = 2^{-x}\)
- translation de \(2\) unités vers le haut ;
- translation de \(2\) unités vers la droite ;
- étirement vertical de facteur \(2\) ;
- symétrie par rapport à l’axe des ordonnées.
\(g\) ⟶ (a) translation vers le haut, o.à.o. \((0, 3)\). \(h\) ⟶ (b) translation vers la droite, o.à.o. \((0, 1/4)\). \(k = 2^{x + 1}\) ⟶ (c) étirement vertical, o.à.o. \((0, 2)\). \(l\) ⟶ (d) symétrie d’axe \(y\), o.à.o. \((0, 1)\).
Relis la propriété de symétrie d’axe \(y\) et la définition des multiples \(k \cdot a^{x}\).
Dans chaque expression, où a-t-on modifié \(2^{x}\) : on ajoute quelque chose au résultat, on change \(x\), ou on multiplie le résultat ?
Calcule \(g(0)\), \(h(0)\), \(k(0)\) et \(l(0)\) pour trouver les points sur l’axe des ordonnées.
- \(g(x) = 2^{x} + 2\) : on ajoute \(2\) à chaque image, translation de \(2\) unités vers le haut (1). \(g(0) = 3\) : point \((0, 3)\).
- \(h(x) = 2^{x - 2}\) : on remplace \(x\) par \(x - 2\), translation de \(2\) unités vers la droite (2). \(h(0) = 2^{-2} = \frac{1}{4}\) : point \((0, \frac{1}{4})\).
- \(k(x) = 2 \cdot 2^{x}\) : chaque image est multipliée par \(2\), étirement vertical de facteur \(2\) (3). \(k(0) = 2\) : point \((0, 2)\).
- \(l(x) = 2^{-x}\) : on remplace \(x\) par \(-x\), symétrie d’axe \(y\) (4). \(l(0) = 1\) : point \((0, 1)\).
- Croire que \(2^{x - 2}\) déplace la courbe vers la gauche : on remplace \(x\) par \(x - 2\), la courbe se déplace vers la droite.
- Confondre \(2 \cdot 2^{x}\) et \(2^{2 x}\) : \(2 \cdot 2^{x} = 2^{x + 1}\).
✎ Exercice 1.8
La courbe de référence \(f(x) = 2^{x}\) est tracée en pointillés. Les courbes A, B, C en sont des transformées simples. Pour chacune, donne son expression analytique et nomme la transformation appliquée à \(f\).
■ A ■ B ■ C - - - référence \(2^{x}\)
A \(= 2^{x} + 2\) : translation verticale vers le haut (asymptote \(y = 2\), o.à.o. \(3\)). B \(= 2^{-x} = (1/2)^{x}\) : symétrie d’axe \(y\) (décroissante). C \(= -2^{x}\) : symétrie d’axe \(x\) (o.à.o. \(-1\)).
Relis la propriété de symétrie d’axe \(y\) et la définition des multiples.
Pour chaque courbe, où coupe-t-elle l’axe des ordonnées ? Est-elle croissante ou décroissante ? Au-dessus ou en dessous de l’axe des \(x\) ?
La courbe A passe par \((0, 3)\) et a l’allure de \(2^{x}\) : que faut-il ajouter à \(2^{x}\) ?
- A : même allure que \(2^{x}\), décalée de \(2\) vers le haut (elle passe par \((0, 3)\) et s’approche de la droite \(y = 2\)). A \(= 2^{x} + 2\) : translation de \(2\) unités vers le haut.
- B : passe par \((0, 1)\) et décroît. B \(= 2^{-x} = (\frac{1}{2})^{x}\) : symétrie d’axe \(y\).
- C : sous l’axe des \(x\), passe par \((0, -1)\). C \(= -2^{x}\) : symétrie d’axe \(x\).
- Écrire B \(= -2^{x}\) : le symétrique par rapport à l’axe \(y\) reste au-dessus de l’axe des \(x\).
- Écrire A \(= 3 \cdot 2^{x}\) parce qu’elle passe par \((0, 3)\) : regarde aussi vers quoi elle tend à gauche (\(y = 2\), pas \(0\)).
✎ Exercice 1.9
Associe chaque expression analytique au graphique correspondant (I à IV).
I
II
III
IV
Expressions à placer : \(f(x) = 2^{x}\) \(g(x) = 3 \cdot 2^{x}\) \(h(x) = (\frac{1}{2})^{x}\) \(k(x) = -2^{x}\)
I \(= g = 3 \cdot 2^{x}\) (o.à.o. \(3\)) ; II \(= f = 2^{x}\) (o.à.o. \(1\)) ; III \(= h = (1/2)^{x}\) (décroissante) ; IV \(= k = -2^{x}\) (sous l’axe, o.à.o. \(-1\)).
Relis l’exemple « lire un multiple » : \(k = f(0)\) se lit sur l’axe des ordonnées.
Pour chaque graphique : où la courbe coupe-t-elle l’axe des ordonnées ? Croît-elle ou décroît-elle ?
Calcule \(f(0)\), \(g(0)\), \(h(0)\) et \(k(0)\), puis compare avec les graphiques.
\(f(0) = 1\), \(g(0) = 3\), \(h(0) = 1\), \(k(0) = -1\).
- I passe par \((0, 3)\) : I \(= g\), \(g(x) = 3 \cdot 2^{x}\).
- II passe par \((0, 1)\) et croît : II \(= f\), \(f(x) = 2^{x}\).
- III passe par \((0, 1)\) et décroît (base \(\frac{1}{2} < 1\)) : III \(= h\), \(h(x) = (\frac{1}{2})^{x}\).
- IV est sous l’axe des \(x\) et passe par \((0, -1)\) : IV \(= k\), \(k(x) = -2^{x}\).
- Confondre II et III : les deux passent par \((0, 1)\), c’est le sens de variation qui les distingue.
✎ Exercice 1.10
On considère une fonction exponentielle de la forme
\(f(x) = C \cdot a^{x}\)
et on sait que \(f(0) = 400\) et \(f(3) = 500\).
- Détermine la valeur de \(C\).
- En utilisant la valeur de \(f(3)\), établis une équation permettant de déterminer la base \(a\).
- Détermine la valeur de \(a\) à l’aide de la calculatrice.
- Donne finalement l’expression analytique de \(f\).
- \(C = f(0) = 400\). 2) \(400 \cdot a^{3} = 500 ⟹ a^{3} = 1{,}25\). 3) \(a = \sqrt[3]{1{,}25} \approx 1{,}0772\). 4) \(f(x) = 400 \cdot 1{,}0772^{x}\).
Relis la définition des multiples : que vaut \(f(0)\) pour \(f(x) = C \cdot a^{x}\) ?
Que vaut \(a^{0}\) ? Et que devient l’égalité \(f(3) = 500\) quand tu remplaces \(C\) par sa valeur ?
\(400 \cdot a^{3} = 500\), donc \(a^{3} = 500 / 400\). La base est la racine cubique de ce nombre.
- \(f(0) = C \cdot a^{0} = C\), donc \(C = 400\).
- \(f(3) = 500\) donne \(400 \cdot a^{3} = 500\), soit \(a^{3} = \frac{500}{400} = 1{,}25\).
- \(a = \sqrt[3]{1{,}25} \approx 1{,}0772\) (la base est positive).
- \(f(x) = 400 \cdot 1{,}0772^{x}\).
- Diviser \(500\) par \(3\) au lieu de prendre une racine cubique : \(a^{3} = 1{,}25\) ne donne pas \(a = 1{,}25 / 3\).
- Oublier \(C\) dans l’équation : \(a^{3} = 500\) est faux.
✎ Exercice 1.11
On considère la fonction \(f(x) = 250 \cdot 1{,}08^{x}\). À l’aide de la calculatrice, calcule les valeurs suivantes. Donne chaque résultat au dixième près.
- \(f(0)\)
- \(f(2)\)
- \(f(5)\)
- \(f(10)\)
- \(f(1{,}5)\)
- \(f(7{,}25)\)
- \(f(-2)\)
- \(f(12{,}5)\)
Que remarques-tu concernant les valeurs obtenues lorsque l’exposant n’est pas entier ?
\(f(0) = 250\) ; \(f(2) \approx 291{,}6\) ; \(f(5) \approx 367{,}3\) ; \(f(10) \approx 539{,}7\) ; \(f(1{,}5) \approx 280{,}6\) ; \(f(7{,}25) \approx 436{,}8\) ; \(f(-2) \approx 214{,}3\) ; \(f(12{,}5) \approx 654{,}2\). L’exponentielle est définie pour tout réel : un exposant non entier (ou négatif) donne une valeur parfaitement définie — la courbe est continue.
Relis la définition de la fonction exponentielle : pour quels réels \(x\) est-elle définie ?
Comment saisir un exposant non entier ou négatif sur ta calculatrice (touche \(x^{y}\) ou ^) ?
Calcule d’abord \(1{,}08^{x}\), puis multiplie par \(250\) ; arrondis seulement à la fin.
\(f(0) = 250\) ; \(f(2) \approx 291{,}6\) ; \(f(5) \approx 367{,}3\) ; \(f(10) \approx 539{,}7\) ; \(f(1{,}5) \approx 280{,}6\) ; \(f(7{,}25) \approx 436{,}8\) ; \(f(-2) \approx 214{,}3\) ; \(f(12{,}5) \approx 654{,}2\).
Les exposants non entiers ou négatifs donnent des valeurs bien définies, situées entre les valeurs voisines (\(f(1{,}5)\) est entre \(f(1)\) et \(f(2)\)) : la fonction est définie pour tout réel et sa courbe est continue.
- Calculer \((250 \cdot 1{,}08)^{x}\) : la priorité donne \(250 \cdot (1{,}08^{x})\).
- Arrondir \(1{,}08^{x}\) avant de multiplier par \(250\).
Modéliser avec une exponentielle
Les multiples d’exponentielles servent surtout à modéliser : dès qu’une grandeur est multipliée par un même facteur à intervalles réguliers, on l’écrit \(k \cdot a^{x}\) (ou \(k \cdot a^{x / T}\) si la période \(T\) n’est pas \(1\)).
✎ Exercice 1.12
La quantité d’un médicament présente dans le sang d’un patient est modélisée par la fonction
\[ C(t) = 80 \cdot 0{,}75^{2 t}, \]
où \(t\) est exprimé en heures et \(C(t)\) en milligrammes.
- Que représente le nombre \(80\) dans ce modèle ?
- Que représente le nombre \(0{,}75\) ?
- Que signifie le facteur \(2\) présent dans l’exposant ?
- Par quel facteur la quantité est-elle multipliée lorsque \(t\) augmente d’une heure ?
- La quantité diminue-t-elle de \(25 \%\) par heure ? Justifie ta réponse.
- La dose initiale (\(t = 0\)), soit \(80\) mg. 2) Le facteur multiplicatif par demi-heure (quand \(t\) augmente de \(0{,}5\), l’exposant augmente de \(1\)). 3) Le phénomène se répète deux fois par heure : chaque heure, on multiplie deux fois par \(0{,}75\). 4) Par heure : \(0{,}75^{2} = 0{,}5625\). 5) Non : \(-25 \%\) correspondrait au facteur \(0{,}75\) par heure ; or le facteur horaire vaut \(0{,}5625\), soit une baisse de \(43{,}75 \%\) par heure (les \(25 \%\) valent par demi-heure).
Relis l’exemple « modéliser une situation » : dans \(C \cdot a^{x}\), que représentent \(C\) et \(a\) ?
Quand \(t\) augmente de \(0{,}5\), de combien augmente l’exposant \(2 t\) ? Et quand \(t\) augmente de \(1\) ?
\(C(t + 1) = 80 \cdot 0{,}75^{2 t + 2} = C(t) \cdot 0{,}75^{2}\).
- \(C(0) = 80 \cdot 0{,}75^{0} = 80\) : \(80\) mg est la quantité initiale (à \(t = 0\)).
- Quand \(t\) augmente de \(0{,}5\) h, l’exposant \(2 t\) augmente de \(1\) : \(0{,}75\) est le facteur multiplicatif par demi-heure.
- Le facteur \(2\) signifie que la multiplication par \(0{,}75\) a lieu deux fois par heure.
- \(C(t + 1) = 80 \cdot 0{,}75^{2 t + 2} = C(t) \cdot 0{,}75^{2} = C(t) \cdot 0{,}5625\) : la quantité est multipliée par \(0{,}5625\) chaque heure.
- Non. Une diminution de \(25 \%\) par heure correspondrait au facteur \(0{,}75\) par heure ; le facteur horaire vaut \(0{,}5625 = 1 - 0{,}4375\), soit une diminution de \(43{,}75 \%\) par heure. Les \(25 \%\) valent par demi-heure.
- Répondre « oui, \(25 \%\) par heure » en lisant seulement la base \(0{,}75\) sans tenir compte du \(2\) dans l’exposant.
- Doubler le pourcentage (\(50 \%\) par heure) : deux diminutions successives de \(25 \%\) ne font pas \(50 \%\).
✎ Exercice 1.13
Pour chacune des situations suivantes, choisis le modèle qui te semble le plus approprié parmi les modèles rencontrés en classe. Justifie ton choix.
Situations :
- Une entreprise augmente chaque année le salaire de ses employés de \(150\) €.
- Une population de bactéries augmente de \(30 \%\) chaque heure.
- La température d’un liquide augmente de \(2\) °C par minute pendant les cinq premières minutes.
- La valeur d’une voiture diminue de \(12 \%\) chaque année.
Modèles possibles :
- croissance affine ;
- croissance exponentielle ;
- décroissance affine ;
- décroissance exponentielle.
Pour chaque situation, précise le modèle choisi et explique en une phrase ce qui justifie ton choix.
- Croissance affine : on ajoute \(150\) € chaque année (montant fixe). 2) Croissance exponentielle : on multiplie par \(1{,}3\) (\(+30 \%\)) chaque heure. 3) Croissance affine : on ajoute \(2\) °C par minute (taux constant). 4) Décroissance exponentielle : on multiplie par \(0{,}88\) chaque année.
Relis la définition de la croissance exponentielle : on multiplie par un même nombre à chaque pas.
Dans chaque situation, à chaque pas de temps, ajoute-t-on (ou retire-t-on) un même nombre, ou multiplie-t-on par un même nombre ?
Un pourcentage d’augmentation ou de diminution revient à multiplier : \(+30 \%\) donne \(\times 1{,}3\).
- Croissance affine : le salaire augmente chaque année du même montant (\(+150\) €).
- Croissance exponentielle : la population est multipliée chaque heure par \(1{,}3\) (\(+30 \%\)).
- Croissance affine : la température augmente chaque minute du même nombre de degrés (\(+2\) °C).
- Décroissance exponentielle : la valeur est multipliée chaque année par \(0{,}88\) (\(-12 \%\)).
- Classer « \(+30 \%\) par heure » en affine : un pourcentage constant donne un facteur constant, donc une croissance exponentielle.
Exemple 1.3 — modéliser une situation
Une population de \(500\) bactéries triple toutes les heures. Modélisons son effectif \(N(t)\) après \(t\) heures. On multiplie par \(3\) chaque heure, en partant de \(500\) : donc \(N(t) = 500 \cdot 3^{t}\). Après \(4\) heures : \(N(4) = 500 \cdot 3^{4} = 500 \cdot 81 = 40 \, 500\) bactéries.
✎ Exercice 1.14
En \(1850\), Bourgville comptait \(100\) habitants ; sa population double tous les dix ans.
- Donne l’expression \(P(x)\) du nombre d’habitants \(x\) années après \(1850\).
- Combien d’habitants en \(1900\), en \(1950\), en \(2000\) ?
Relis l’exemple « modéliser une situation » : quand le facteur s’applique tous les \(10\) ans, quel est l’exposant ?
Combien de fois la population a-t-elle doublé après \(x\) années ?
Après \(x\) années, la population a doublé \(x / 10\) fois : \(P(x) = 100 \cdot 2^{x / 10}\).
- La population initiale vaut \(100\) et elle est multipliée par \(2\) tous les \(10\) ans ; après \(x\) années, elle a doublé \(\frac{x}{10}\) fois : \(P(x) = 100 \cdot 2^{x / 10}\).
En \(1900\) (\(x = 50\)) : \(P(50) = 100 \cdot 2^{5} = 3 \, 200\) habitants.
En \(1950\) (\(x = 100\)) : \(P(100) = 100 \cdot 2^{10} = 102 \, 400\) habitants.
En \(2000\) (\(x = 150\)) : \(P(150) = 100 \cdot 2^{15} = 3 \, 276 \, 800\) habitants.
- Écrire \(P(x) = 100 \cdot 2^{x}\) : la population doublerait chaque année.
- Prendre \(x = 1900\) au lieu de \(x = 50\) : \(x\) compte les années depuis \(1850\).
✎ Exercice 1.15
Dans une famille de lapins, le nombre d’individus double tous les sept jours ; elle compte actuellement \(100\) lapins.
- Donne l’expression \(L(t)\) du nombre de lapins après \(t\) jours.
- Combien de lapins dans un mois (\(30\) jours) ? Dans trois mois (\(90\) jours) ?
Relis l’exemple « modéliser une situation » et compare avec l’exercice de Bourgville.
Après \(t\) jours, combien de périodes de \(7\) jours se sont écoulées ?
\(L(t) = 100 \cdot 2^{t / 7}\) ; calcule \(L(30)\) et \(L(90)\) à la calculatrice.
- Il y a \(100\) lapins au départ et leur nombre est multiplié par \(2\) tous les \(7\) jours : \(L(t) = 100 \cdot 2^{t / 7}\).
Dans un mois : \(L(30) = 100 \cdot 2^{30 / 7} \approx 1 \, 950\) lapins.
Dans trois mois : \(L(90) = 100 \cdot 2^{90 / 7} \approx 742 \, 000\) lapins.
- Calculer \(2^{30} / 7\) au lieu de \(2^{30 / 7}\) : mets l’exposant entre parenthèses sur la calculatrice.
✎ Exercice 1.16
Dans un pays en crise, la monnaie (le « sou ») se déprécie de \(8{,}5 \%\) par an.
- Donne l’expression de la « valeur réelle » \(R(t)\) d’un billet de \(1000\) sous après \(t\) années.
- Que vaudra ce billet dans \(5\) ans ? Dans \(10\) ans ?
Relis l’exemple « modéliser une situation » : une diminution de \(p \%\) revient à multiplier par \(1 - \frac{p}{100}\).
Si le billet perd \(8{,}5 \%\) de sa valeur en un an, quelle part de sa valeur garde-t-il ?
Le facteur annuel vaut \(1 - 0{,}085 = 0{,}915\).
- Chaque année, la valeur réelle est multipliée par \(1 - 0{,}085 = 0{,}915\) ; au départ elle vaut \(1000\) sous : \(R(t) = 1000 \cdot 0{,}915^{t}\).
Dans \(5\) ans : \(R(5) = 1000 \cdot 0{,}915^{5} \approx 641\) sous.
Dans \(10\) ans : \(R(10) = 1000 \cdot 0{,}915^{10} \approx 411\) sous.
- Prendre \(0{,}085\) comme base : c’est la part perdue, pas la part conservée.
- Soustraire \(10 \cdot 85\) sous en \(10\) ans : la perte est un pourcentage de la valeur restante, elle diminue chaque année.
✎ Exercice 1.17
En janvier \(2017\), Jules achète une voiture à \(29 \, 850\) €. Elle se déprécie d’environ \(15 \%\) par an pendant les premières années.
- Modélise la valeur \(V(x)\) de la voiture \(x\) années après l’achat.
- Quelle est sa valeur \(10\) ans plus tard ?
- Peut-on parler de « bon placement » ? Justifie.
Relis l’exemple « modéliser une situation ».
Une dépréciation de \(15 \%\) par an : par quel nombre la valeur est-elle multipliée chaque année ?
\(V(x) = 29 \, 850 \cdot 0{,}85^{x}\) ; calcule \(V(10)\).
- Chaque année, la valeur est multipliée par \(1 - 0{,}15 = 0{,}85\) : \(V(x) = 29 \, 850 \cdot 0{,}85^{x}\).
- \(V(10) = 29 \, 850 \cdot 0{,}85^{10} \approx 5 \, 877\) € : après \(10\) ans, la voiture ne vaut plus qu’environ \(5 \, 877\) €.
- Non : la base \(0{,}85\) est inférieure à \(1\), la valeur décroît. Après \(10\) ans, elle a perdu environ \(80 \%\) de son prix d’achat ; ce n’est pas un placement.
- Utiliser la base \(1{,}15\) : une dépréciation fait diminuer la valeur.