Socle — exercices routiniers

Séance 1 · à faire à ton rythme

AstuceÀ lire d’abord

Cherche au brouillon d’abord. N’hésite pas à résoudre les exercices avec tes voisin.e.s. Ouvre les indices dans l’ordre (référence → question → étape → solution). La solution est le dernier recours.

Les exercices du socle sont des exercices routiniers pour installer les automatismes. Résous-les à ton rythme. Si tu n’arrives pas au bout du socle lors de la séance, ce n’est pas grave: tu peux le poursuivre à domicile avec les coups de pouce et la solution finale.

Mise en garde✎ Exercice S.1 #Socle · O3 · ★☆☆

Pour chaque lettre indiquée, dire son rôle dans l’expression entre guillements : inconnue, variable ou paramètre.

  1. xx dans « résoudre 2x=102x = 10 »
  2. xx dans « la fonction f(x)=x2f(x) = x^2 »
  3. mm dans « la droite y=mx+1y = m x + 1 »

Retourne à la théorie du cours : Égalité et symboles : lire avant de calculer.

Question à te poser.

Pour chaque lettre : cherche-t-on sa valeur (inconnue) ? Décrit-elle tous les cas ou l’entrée d’une fonction (variable) ? Fixe-t-elle un objet particulier tandis qu’une autre lettre varie (paramètre) ?

  1. Inconnue: on cherche la (ou les) valeur(s) de xx qui satisfont l’équation, ici x=5x = 5.
  2. Variable: la lettre xx représente la variable indépendante de la fonction ff et parcourt ℝ\mathbb{R}.
  3. Paramètre: dans l’expression, mm représente un nombre fixé, en l’occurence la pente de la droite d’équation y=mx+1y=mx+1.

Dans y=mx+1y = m x + 1, confondre xx (variable) et mm (paramètre).

Mise en garde✎ Exercice S.2 #Socle · O3 · ★☆☆

Pour chaque énoncé, dire de quoi il s’agit: un prédicat ou une proposition?

  1. « 55 est pair. »
  2. « x≥0x \ge 0. »
  3. « Additionne 22 et 33. »

Retourne à la théorie du cours : Qu’est-ce qu’une affirmation mathématique ?

Question à te poser.

Pour chaque énoncé : puis-je dire, tel quel, s’il est vrai ou faux ? Si oui → proposition (même s’il est faux). Si « ça dépend de la valeur d’une lettre » → prédicat. Si ce n’est ni une proposition ni un prédicat → ni l’un ni l’autre.

  1. Proposition (fausse).
  2. Prédicat (dépend de xx).
  3. Ni l’un ni l’autre (une consigne : on ne peut pas la dire vraie ou fausse).

Croire qu’un énoncé faux n’est « pas une proposition ».

Mise en garde✎ Exercice S.3 #Socle · O1 · ★★☆

Relier chaque phrase (a–d) à sa traduction (1–4).

Français Traduction
(a) « −7 est un entier » (1) ℕ⊆ℤ\mathbb{N} \subseteq \mathbb{Z}
(b) « −7 est un entier mais pas naturel » (2) −7∈ℤ-7 \in \mathbb{Z}
(c) « tout nombre naturel est un entier » (3) ∀n∈ℕ,n≥0\forall\, n\in\mathbb{N},\ n\ge 0
(d) « il n’existe pas d’entier naturel strictement négatif » (4) −7∈ℤ\ℕ-7 \in \mathbb{Z}\setminus\mathbb{N}

Retourne à la théorie du cours : Ensembles : regrouper des objets, Formaliser l’inclusion, Ensembles de nombres et Opérations sur les ensembles.

Question à te poser.

Chaque phrase parle-t-elle de l’appartenance d’un élément à un ensemble (∈\in) ou d’une inclusion entre ensembles (⊆\subseteq) ? À quelle opération correspond « mais pas… » ? Et « il n’existe pas de… négatif », est-ce un ∀\forall\, déguisé ?

a–2, b–4, c–1, d–3. (−7∈ℤ-7\in\mathbb{Z} ; « entier mais pas naturel » = ℤ\ℕ\mathbb{Z}\setminus\mathbb{N} ; « tout nombre naturel est entier » = ℕ⊆ℤ\mathbb{N}\subseteq\mathbb{Z} ; « aucun naturel n’est <0<0 » = ∀n∈ℕ,n≥0\forall\, n\in\mathbb{N},\ n\ge 0.)

Confondre ∈\in (un élément : −7∈ℤ-7\in\mathbb{Z}) et ⊆\subseteq (deux ensembles : ℕ⊆ℤ\mathbb{N}\subseteq\mathbb{Z}) ; oublier que « mais pas naturel » retire ℕ\mathbb{N} (\ℕ\setminus\mathbb{N}).

Mise en garde✎ Exercice S.4 #Socle · O2 · ★★☆

Pour chaque ligne, dire si l’affirmation est vraie ou fausse :

  1. 3∈[3,7[3 \in [3,\,7[
  2. 7∈[3,7[7 \in [3,\,7[
  3. 2∈]1,2]\sqrt2 \in\ ]1,\,2]
  4. −2∈]−∞,−2]-2 \in\ ]{-}\infty,\,-2]
  5. 0∈]0,+∞[0 \in\ ]0,\,+\infty[

Ensuite, écrire l’intervalle des réels xx tels que −1≤x<4-1 \le x < 4.

Retourne à la théorie du cours : Intervalles réels et Ensembles : regrouper des objets.

Question à te poser.

La borne de l’intervalle est-elle dans l’intervalle (crochet fermé) ou non (ouvert) ? Le nombre est-il strictement entre les bornes, ou égal à une borne — et cette borne est-elle incluse dans l’intervalle ?

  1. Vrai — 33 inclus (fermé à gauche).

  2. Faux — 77 exclu (ouvert à droite).

  3. Vrai — 2≈1,41∈]1,2]\sqrt2 \approx 1{,}41 \in\ ]1,2].

  4. Vrai — −2-2 inclus (fermé à droite).

  5. Faux — 00 exclu (ouvert).

L’intervalle des réels xx tels que −1≤x<4-1 \le x < 4 s’écrit: [−1,4[[-1,\,4[.

Confondre crochet fermé (inclus) et ouvert (exclu) ; croire qu’une borne infinie peut être « incluse ».

Mise en garde✎ Exercice S.5 #Socle · O2 · ★☆☆

Construire la table de vérité, pour toutes les valeurs de α\alpha et β\beta, des colonnes ¬α\lnot\alpha, α∧β\alpha\land\beta, α∨β\alpha\lor\beta, α⇒β\alpha\Rightarrow\beta. Vérifier ensuite que ¬(α∧β)⇔¬α∨¬β\lnot(\alpha\land\beta) \Leftrightarrow \lnot\alpha \lor \lnot\beta.

Retourne à la théorie du cours : Outil : table de vérité.

Question à te poser.

Il y a cinq lignes et huit colonnes dans le tableau. Pour α⇒β\alpha\Rightarrow\beta, repère d’abord l’unique ligne qui la rend fausse ; toutes les autres doivent être vraies.

α\alpha β\beta ¬α\lnot\alpha α∧β\alpha\land\beta α∨β\alpha\lor\beta α⇒β\alpha\Rightarrow\beta ¬(α∧β)\lnot(\alpha\land\beta) ¬α∨¬β\lnot\alpha\lor\lnot\beta
V V F V V V F F
V F F F V F V V
F V V F V V V V
F F V F F V V V

Les deux dernières colonnes coïncident ligne à ligne : la loi de De Morgan est vérifiée. ✓

Croire que α⇒β\alpha\Rightarrow\beta est fausse quand α\alpha est fausse. Une implication à prémisse fausse est automatiquement vraie.

Mise en garde✎ Exercice S.6 #Socle · O2 · ★★☆

Soit γ\gamma l’implication : « si nn est multiple de 44, alors nn est pair ».1

  1. Écrire la réciproque et la contraposée de γ\gamma.
  2. Dire lesquelles des trois sont vraies. Justifier, par un contre-exemple si nécessaire.

Retourne à la théorie du cours : Comprendre l’implication et Réciproque, contraposée, équivalence.

Question à te poser.

Comment construit-on la réciproque d’une implication? Comment construit-on la contraposée d’une implication?

Pour tester la validité des implication: que faut-il chercher pour que l’implication doit fausse?

Étape.

Pose α\alpha : « multiple de 44 » et β\beta : « pair ». Pour construire la réciproque de γ\gamma on échange α\alpha et β\beta. Pour construire la contraposée de γ\gamma, on nie α\alpha et β\beta puis on les échange.

Validité de la réciproque: prendre n=6n=6.

Implication : vraie.

Réciproque « si nn pair alors nn multiple de 44 » : fausse avec n=6n=6, on a bien un nn pair qui n’est pas un multiple de 44.

Contraposée « si nn impair alors nn non multiple de 44 » : vraie car elle est équivalente à γ\gamma.

Confondre réciproque et contraposée, et croire que la contraposée pourrait avoir une valeur de vérité différente de l’implication.

Mise en garde✎ Exercice S.7 #Socle · O2 · ★★☆

Pour les trois premières propositions : dire si elle est vraie ou fausse, puis écrire sa négation.

  1. ∀x∈ℝ,x2≥0\forall\, x\in\mathbb{R},\ x^2\ge 0.
  2. ∃n∈ℕ,n+2=5\exists\, n\in\mathbb{N},\ n+2 = 5.
  3. ∀x∈ℝ,x2>0\forall\, x\in\mathbb{R},\ x^2 > 0.
  4. On note α(v,t)\alpha(v,t) « le test tt détecte le variant vv ». Écrire la négation de ∀v,∃t,α(v,t)\ \forall\, v,\ \exists\, t,\ \alpha(v,t)\ puis la traduire en français.

Retourne à la théorie du cours : Formaliser l’inclusion, Nier une proposition quantifiée.

Question à te poser.

Pour nier : échanger ∀\forall\, et ∃\exists\,, puis nier le prédicat. Négation de « ≥\ge » : « << » ; de « == » : « ≠\ne » ; de « >> » : « ≤\le ». Pour (d) : que deviennent ∀v\forall\, v, puis ∃t\exists\, t, puis α\alpha ?

  1. ∀x∈ℝ,x2≥0\forall\, x\in\mathbb{R},\ x^2\ge 0. est vraie. Sa négation : ∃x∈ℝ,x2<0\exists\, x\in\mathbb{R},\ x^2<0 est fausse.

  2. ∃n∈ℕ,n+2=5\exists\, n\in\mathbb{N},\ n+2 = 5 est vraie (on peut le vérifier en considérant n=3n=3). Sa négation : ∀n∈ℕ,n+2≠5\forall\, n\in\mathbb{N},\ n+2\ne 5 est fausse.

  3. ∀x∈ℝ,x2>0\forall\, x\in\mathbb{R},\ x^2 > 0 est fausse (on peut contredire la proposition en considérant x=0x=0). Sa négation : ∃x∈ℝ,x2≤0\exists\, x\in\mathbb{R},\ x^2\le 0 est vraie (x=0x=0).

  4. ¬(∀v,∃t,α(v,t))⇔∃v,∀t,¬α(v,t)\lnot\big(\forall\, v,\ \exists\, t,\ \alpha(v,t)\big) \Leftrightarrow \exists\, v,\ \forall\, t,\ \lnot\alpha(v,t) : « il existe un variant qu’aucun test ne détecte ».

Nier en gardant le même quantificateur ; ou, en imbriqué (d), n’échanger qu’un seul quantificateur au lieu des deux (le second aussi doit basculer ∃→∀\exists\,\to\forall\,).

Mise en garde✎ Exercice S.8 #Socle · O3 · ★★☆

Pour chaque argument proposé, dire si c’est un exemple, un contre-exemple ou une preuve. Dans chaque cas, dire si l’argument établit l’affirmation, la réfute, ou ne conclut rien.

Affirmation A : « Tout nombre premier est impair. »

  1. « C’est vrai, car 33 est premier et impair. »
  2. « C’est faux : 22 est premier et pair. »

Affirmation B : « La somme de deux entiers pairs est paire. »

  1. « 4+6=104+6=10 est pair, donc c’est vrai. »
  2. « Si a=2ka=2k et b=2k′b=2k', alors a+b=2(k+k′)a+b=2(k+k'), qui est pair. »

Retourne à la théorie du cours : Exemples, preuves, contre-exemples.

Question à te poser.

L’argument traite-t-il un cas (exemple / contre-exemple) ou tous les cas (preuve) ? Ce cas confirme-t-il ou contredit-il l’affirmation ? S’il contredit, alors il s’agit d’un contre-exemple.

  1. Exemple — ne permet pas de conclure sur la validité de l’affirmation (un cas favorable ne prouve pas un « tout »).
  2. Contre-exemple de A : on peut donc en déduire que l’affirmation est fausse.
  3. Exemple — ne conclut rien (ne couvre pas tous les cas).
  4. Preuve — établit B (l’argument vaut pour tous les entiers pairs).

Croire qu’un exemple (a, c) prouve une affirmation générale ; ne pas voir qu’un seul contre-exemple suffit à réfuter.

Terminé avant la fin ? Passe au Transfert.


  1. Le symbole γ\gamma est une lettre grecque, la troisième dans l’ordre alphabétique et se prononce “gamma”.↩︎