Séance 1 — Langage et raisonnement

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Nier une proposition logiqueO2
Quand l'utiliser ?

Dès qu’on te demande la négation d’un énoncé.

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Étapes
  1. Repère d’abord la structure de l’énoncé : quel est le connecteur principal (∧\land, ∨\lor, ⇒\Rightarrow) et quels sont les quantificateurs qui l’entourent ?
  2. Fais entrer la négation une couche à la fois, de l’extérieur vers l’intérieur, avec les règles : ¬(α∧β)\lnot(\alpha\land \beta) devient ¬α∨¬β\lnot \alpha \lor \lnot \beta et ¬(α∨β)\lnot(\alpha\lor \beta) devient ¬α∧¬β\lnot \alpha \land \lnot \beta (lois de De Morgan) ; ¬(α⇒β)\lnot(\alpha\Rightarrow \beta) devient α∧¬β\alpha \land \lnot \beta ; ¬(∀x,α(x))\lnot(\forall\, x,\ \alpha(x)) devient ∃x,¬α(x)\exists\, x,\ \lnot \alpha(x), et ¬(∃x,α(x))\lnot(\exists\, x,\ \alpha(x)) devient ∀x,¬α(x)\forall\, x,\ \lnot \alpha(x).
  3. Termine en niant les propositions sans connecteurs ni quantificateurs : == devient ≠\ne, << devient ≥\ge, >> devient ≤\le, et ∈\in devient ∉\notin.
Exemple

Nions ∀e,(e>0⇒e2>0)\forall\, e, (e>0\Rightarrow e^2>0). Le quantificateur ∀\forall devient ∃\exists et on nie l’intérieur, ce qui donne d’abord ∃e,¬(e>0⇒e2>0)\exists\, e,\ \lnot(e>0\Rightarrow e^2>0). Or la négation d’une implication α⇒β\alpha\Rightarrow \beta s’écrit α∧¬β\alpha\land\lnot \beta ; on obtient donc ∃e,(e>0∧¬(e2>0))\exists\, e,\ (e>0\ \land\ \lnot\,(e^2>0)), c’est-à-dire ∃e,(e>0∧e2≤0)\exists\, e,\ (e>0\ \land\ e^2\le 0).

Le piège

Un piège est de garder le même quantificateur en niant (laisser un ∀\forall là où il faut un ∃\exists). Un autre est de nier une inégalité stricte par une autre stricte : la négation de >> n’est pas << mais ≤\le, car il ne faut pas oublier le cas d’égalité.

Traduire une phrase en langage formelO1
Quand l'utiliser ?

Dès qu’une phrase de la vie courante contient un mot logique — « et », « ou », « si… alors », « non » — ou qu’elle parle d’un nombre qui appartient (ou non) à un ensemble.

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Étapes
  1. Repère les connecteurs logiques et les quantificateurs : les connecteurs « et », « ou », « si… alors » ou les quantificateurs « pour tout », « il existe ».
  2. Traduis ensuite chaque morceau séparément : une proposition simple devient une lettre (α\alpha, β\beta…), « et » devient ∧\land, « ou » devient ∨\lor, « non » (ou « ne… pas ») devient ¬\lnot, et « si… alors » devient ⇒\Rightarrow.
  3. Relis pour vérifier le sens : demande-toi qui implique qui; parle-t-on d’un élément appartenant à un ensemble (relation ∈\in) ou d’une relation entre plusieurs ensembles (relation ⊆\subseteq)?
Exemple

Prenons « Le patient est malade mais son test est négatif ». On pose α\alpha = « le patient est malade » et β\beta = « le test est positif ». Le mot « mais » joue exactement le rôle d’un « et » : il relie deux faits vrais en même temps. « Négatif » est la négation de « positif ». La phrase se traduit donc par α∧¬β\alpha \land \lnot\beta.

Le piège

Le mot « mais » exprime un contraste dans la langue, mais en logique il ne dit rien de plus que « et » : le traduire autrement est une erreur. Fais aussi attention à ne pas inverser le sens de l’implication (« si α\alpha alors β\beta » n’est pas la même chose que « si β\beta alors α\alpha »), et à ne pas confondre l’appartenance d’un élément (∈\in) avec l’inclusion d’un ensemble (⊆\subseteq).

Décider l'appartenance à un intervalleO2
Quand l'utiliser ?

Dès qu’on te demande si un nombre appartient à un intervalle, par exemple « x∈[a,b[x \in [a,b[ ? ».

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Étapes
  1. Traduis chaque crochet : un crochet fermé (tourné vers le nombre) signifie que la borne est incluse à l’intervall ; un crochet ouvert signifie qu’elle est exclue de l’intervalle.
  2. Rappelle-toi qu’une borne infinie (+∞+\infty ou −∞-\infty) est toujours ouverte : l’infini n’est jamais dans un intervalle.
  3. Compare le nombre à chaque borne et vérifie les deux conditions à la fois (au-dessus de la borne de gauche, en dessous de celle de droite), en tenant compte de l’inclusion ou de l’exclusion.
Exemple

On a 7∉[3,7[7\notin[3,\ 7[ : en effet 77 bien supérieur ou égal à 33 (3≤73\le 7), mais il n’est pas strictement inférieur à 77 (¬(7<7)\neg(7<7)). En revanche, −2∈]−∞,−2]-2 \in\ ]{-}\infty,\ -2] : on a bien −∞<2-\infty<2 et 2≤22\le 2 .

Le piège

Confondre crochet fermé et crochet ouvert est l’erreur la plus fréquente ; retiens que le crochet « s’ouvre » vers l’extérieur quand la borne est exclue. Et n’inclus jamais une borne infinie.

Réciproque, contraposée : laquelle est vraie ?O2
Quand l'utiliser ?

On te donne une implication « α⇒β\alpha \Rightarrow \beta » et on te demande sa réciproque ou sa contraposée. On te demande si l’une d’elles est vraie.

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Étapes
  1. Pars de l’implication de départ, α⇒β\alpha \Rightarrow \beta.
  2. Écris la réciproque en échangeant α\alpha et β\beta : elle s’écrit β⇒α\beta \Rightarrow \alpha.
  3. Écris la contraposée en niant α\alpha et β\beta puis en les échangeant : elle s’écrit ¬β⇒¬α\lnot\beta \Rightarrow \lnot\alpha.
  4. Applique enfin la règle suivante : la contraposée est toujours équivalente à l’implication de départ (si l’une est vraie, l’autre l’est aussi). La validité de la réciproque d’une implication est indépendante de la validité de l’implication.
Exemple

Partons de « si nn est multiple de 4, alors nn est pair ». Sa contraposée est « si nn est impair, alors nn n’est pas multiple de 4 » : elle est vraie, tout comme l’implication de départ. Sa réciproque est « si nn est pair, alors nn est multiple de 4 » : elle est fausse, et n=6n = 6 le montre (66 est pair, mais pas multiple de 4).

Voici un exemple d’une implication vraie dont la réciproque est vraie. Considérons « si nn est divisible par 6, alors nn est divisible par 2 et par 3 ». Sa réciproque « si nn est divisible par 2 et 6, alors nn est divisible par 6 » est vraie aussi.

Le piège

L’erreur classique est de confondre réciproque et contraposée, ou de croire qu’une contraposée « pourrait être fausse » alors que l’implication de départ est vraie : c’est impossible, puisque toutes deux sont équivalentes.

Exemple, contre-exemple ou preuve d'un énoncé universel ?O3
Quand l'utiliser ?

Dès qu’on te propose un argument pour justifier (ou réfuter) un énoncé universel et qu’il faut juger si cet argument établit vraiment quelque chose.

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Étapes
  1. Dans le cas d’une proposition universelle, regarde si l’argument traite un seul cas ou tous les cas à la fois : c’est ce qui décide de la valeur de l’argument. Dans un énoncé universel, une preuve doit analyser tous les cas.
  2. Souviens-toi qu’un exemple (un cas qui marche) n’établit rien pour un énoncé universel : ce n’est pas une preuve.
  3. Un contre-exemple (un seul cas qui échoue, mais dans le domaine de l’énoncé) suffit à le réfuter ; une preuve, elle, doit couvrir tous les cas pour l’établir.
Exemple

Pour l’énoncé « tout nombre premier est impair », le nombre 22 est un contre-exemple : il est premier et pair, donc l’énoncé est faux. À l’inverse, remarquer que « 33 est premier et impair » ne prouve rien — c’est un simple exemple parmi d’autres.

Le piège

Prendre un exemple pour une preuve est le piège majeur. Et n’oublie pas qu’un seul contre-exemple suffit à réfuter (inutile d’en chercher plusieurs), à condition qu’il appartienne bien au domaine de l’énoncé.