Séance 1 — Langage et raisonnement
Dès qu’on te demande la négation d’un énoncé.
Déplier le corrigé — étapes, exemple, piège
- Repère d’abord la structure de l’énoncé : quel est le connecteur principal (, , ) et quels sont les quantificateurs qui l’entourent ?
- Fais entrer la négation une couche à la fois, de l’extérieur vers l’intérieur, avec les règles : devient et devient (lois de De Morgan) ; devient ; devient , et devient .
- Termine en niant les propositions sans connecteurs ni quantificateurs : devient , devient , devient , et devient .
Nions . Le quantificateur devient et on nie l’intérieur, ce qui donne d’abord . Or la négation d’une implication s’écrit ; on obtient donc , c’est-à-dire .
Un piège est de garder le même quantificateur en niant (laisser un là où il faut un ). Un autre est de nier une inégalité stricte par une autre stricte : la négation de n’est pas mais , car il ne faut pas oublier le cas d’égalité.
Dès qu’une phrase de la vie courante contient un mot logique — « et », « ou », « si… alors », « non » — ou qu’elle parle d’un nombre qui appartient (ou non) à un ensemble.
Déplier le corrigé — étapes, exemple, piège
- Repère les connecteurs logiques et les quantificateurs : les connecteurs « et », « ou », « si… alors » ou les quantificateurs « pour tout », « il existe ».
- Traduis ensuite chaque morceau séparément : une proposition simple devient une lettre (, …), « et » devient , « ou » devient , « non » (ou « ne… pas ») devient , et « si… alors » devient .
- Relis pour vérifier le sens : demande-toi qui implique qui; parle-t-on d’un élément appartenant à un ensemble (relation ) ou d’une relation entre plusieurs ensembles (relation )?
Prenons « Le patient est malade mais son test est négatif ». On pose = « le patient est malade » et = « le test est positif ». Le mot « mais » joue exactement le rôle d’un « et » : il relie deux faits vrais en même temps. « Négatif » est la négation de « positif ». La phrase se traduit donc par .
Le mot « mais » exprime un contraste dans la langue, mais en logique il ne dit rien de plus que « et » : le traduire autrement est une erreur. Fais aussi attention à ne pas inverser le sens de l’implication (« si alors » n’est pas la même chose que « si alors »), et à ne pas confondre l’appartenance d’un élément () avec l’inclusion d’un ensemble ().
Dès qu’on te demande si un nombre appartient à un intervalle, par exemple « ? ».
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- Traduis chaque crochet : un crochet fermé (tourné vers le nombre) signifie que la borne est incluse à l’intervall ; un crochet ouvert signifie qu’elle est exclue de l’intervalle.
- Rappelle-toi qu’une borne infinie ( ou ) est toujours ouverte : l’infini n’est jamais dans un intervalle.
- Compare le nombre à chaque borne et vérifie les deux conditions à la fois (au-dessus de la borne de gauche, en dessous de celle de droite), en tenant compte de l’inclusion ou de l’exclusion.
On a : en effet bien supérieur ou égal à (), mais il n’est pas strictement inférieur à (). En revanche, : on a bien et .
Confondre crochet fermé et crochet ouvert est l’erreur la plus fréquente ; retiens que le crochet « s’ouvre » vers l’extérieur quand la borne est exclue. Et n’inclus jamais une borne infinie.
On te donne une implication « » et on te demande sa réciproque ou sa contraposée. On te demande si l’une d’elles est vraie.
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- Pars de l’implication de départ, .
- Écris la réciproque en échangeant et : elle s’écrit .
- Écris la contraposée en niant et puis en les échangeant : elle s’écrit .
- Applique enfin la règle suivante : la contraposée est toujours équivalente à l’implication de départ (si l’une est vraie, l’autre l’est aussi). La validité de la réciproque d’une implication est indépendante de la validité de l’implication.
Partons de « si est multiple de 4, alors est pair ». Sa contraposée est « si est impair, alors n’est pas multiple de 4 » : elle est vraie, tout comme l’implication de départ. Sa réciproque est « si est pair, alors est multiple de 4 » : elle est fausse, et le montre ( est pair, mais pas multiple de 4).
Voici un exemple d’une implication vraie dont la réciproque est vraie. Considérons « si est divisible par 6, alors est divisible par 2 et par 3 ». Sa réciproque « si est divisible par 2 et 6, alors est divisible par 6 » est vraie aussi.
L’erreur classique est de confondre réciproque et contraposée, ou de croire qu’une contraposée « pourrait être fausse » alors que l’implication de départ est vraie : c’est impossible, puisque toutes deux sont équivalentes.
Dès qu’on te propose un argument pour justifier (ou réfuter) un énoncé universel et qu’il faut juger si cet argument établit vraiment quelque chose.
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- Dans le cas d’une proposition universelle, regarde si l’argument traite un seul cas ou tous les cas à la fois : c’est ce qui décide de la valeur de l’argument. Dans un énoncé universel, une preuve doit analyser tous les cas.
- Souviens-toi qu’un exemple (un cas qui marche) n’établit rien pour un énoncé universel : ce n’est pas une preuve.
- Un contre-exemple (un seul cas qui échoue, mais dans le domaine de l’énoncé) suffit à le réfuter ; une preuve, elle, doit couvrir tous les cas pour l’établir.
Pour l’énoncé « tout nombre premier est impair », le nombre est un contre-exemple : il est premier et pair, donc l’énoncé est faux. À l’inverse, remarquer que « est premier et impair » ne prouve rien — c’est un simple exemple parmi d’autres.
Prendre un exemple pour une preuve est le piège majeur. Et n’oublie pas qu’un seul contre-exemple suffit à réfuter (inutile d’en chercher plusieurs), à condition qu’il appartienne bien au domaine de l’énoncé.